samedi 2 août 2008

A la rencontre des Akhas du Laos

Luang Nam Tha est une petite ville au nord du Laos, avec une seule rue principale et dans cette rue ou juste celles d'à côté, une dizaine de guests house et 4 ou 5 "agences de tourisme" proposant toutes la même chose: aller à la rencontre d'une éthnie du Laos.

Dans cette charmante petite ville, nous avons tout d'abord eu la joie de rencontrer (dans un cyber café, ohhhh... quelle surprise pour des touristes au fin fond de la jungle lao!!!) un peuple, qui nous avait paru déjà à Pékin bien sympathique : le peuple des Suisses, Aude et Laurent, en l'occurence. Nous avons découvert que nous étions dans la même guest house et avons décidé de faire le trek ensemble. C'est pas tous les jours qu'on peut aller se balader avec des p'tits Suisses dans la jungle ! Nous avons donc opté pour "Eco tourisme service" qui nous semblait être l'agence la moins opportuniste vis-à-vis de la population à rencontrer, les Akhas.

Elle travaille autour du concept d' Eco-tourisme mis en place par l'UNESCO dans la région. C'était pour nous un parallèle intéressant avec ce que nous avions vécu en Mongolie et les difficultés liés au tourisme "sauvage" dont avaient témoigné nos rencontres là-bas.

Pour plus d'infos sur le programme UNESCO (en anglais) : http://www.unescobkk.org/index.php?id=486
Nous essaierons d'en reparler et de mieux expliquer le concept un peu plus tard, quand on aura cinq minutes.

Le matin, avant le départ de nos deux jours en jungle, nous sommes donc allés avec nos deux guides, Somphone et Saï, au marché de la ville:


On y trouve de tout...






Mais vraiment de tout...


Même de charmantes petites chauve-souris en brochettes !


Tout est dans les sacs... On peut y aller?


Prêt Thierry ?



Go !



Somphone et Saï, machette à la main...



Nos p'tits Suisses en pleine forme !




Qu'est-ce qu'on se sent minus dans ce paysage grandiose...





Quel est ce fond sonore qui nous casse les oreilles durant tout le trek ? une scierie ? un animal imposant ?


Pas du tout, il s'agit seulement de quelques petites cigales chantant en choeur... Impressionnant!


Allez, c'est l'heure.... Allons couper quelques feuilles de bananiers...




A table ! ( façon "service compris" ;-) )

Après ce régal (riz, viande hachée, poisson, herbes en tous genres), quelques kilomètres plus tard, on aperçoit le village des Akhas.



Douchettes à la source pour les "hommes", sous les yeux curieux des villageoises.

Puis visite dans le village avec les explications de Somphone sur les us et coutumes des Akhas.
Notre arrivée dans le village a semblé plus frappante pour nous que pour eux. Effectivement, à la vue de ces femmes aux seins nus (comme toutes les femmes mariées du village), c'était bien nous les plus gênés...







Comme en Mongolie, le panneau solaire semble indispensable...


Installation religieuse...

La "salle de spectacle" où chaque soir, les hommes et femmes célibataires se rejoignent pour chanter et danser autour d'un feu.



Petites "cabanes-lits" précaires où ces mêmes femmes et hommes célibataires se retrouvent en couple, après la fête, pour y passer la nuit ensemble.


On nous présente notre "lodge", à l'écart des maisons des villageois.





Notre chambre collective...



Nos animaux de compagnie...




Nos... pas la peine de vous expliquer!



La cuisine

Malheureusement, c'était les vacances. Nous n'avons pas pu voir les élèves dans leur école.



L'intérieur d'une des deux classes

Le logement de fonction de l'instit'

Son emploi du temps de la classe cloué sur la porte


Quelques enfants demandant de se faire photographier...




Le soleil s'est couché, les cigales non...


Un massage lao nous attend ainsi que quelques pose-photos avec ou sans sourire...




Au petit matin, les chants des coqs obnubilent Sophie...

Puis, on quitte le village et on redescend de la montagne... dans une jungle toujours aussi luxuriante.







Repas du midi:


Ca ressemble pas à une photo pour SF, ça ??!!

Protection anti-sangsues...


La session "jungle" se termine et notre trek aussi...

Retour sur le plancher des vaches...

Inoubliable souvenir... Inoubliables Akhas...




vendredi 1 août 2008

Laos, le pays zen...

Voilà... ou nous re-voilà !

Mûries sous le soleil breton ( clin d'oeil à Manou) et déchargées sous la canicule méditerranéenne, voici nos aventures lao et vietnamiennes sous vos yeux... 4 posts à suivre !

Merci encore pour votre soutien !


***


Il y a des pays dont on "tombe amoureux" et on ne sait pas immédiatement pourquoi...

On a quelques idées mais on n'est pas trop sûr... On s'y sent juste bien et on se dit "on reviendra..."

Durant les longs trajets (ceux de 17 heures par exemple en bus pour 764 km), il nous est souvent arrivé de nous poser cette question :

"Pourquoi ne pas faire comme la plupart des gens qui voyagent ? Monter dans un avion et arriver à l'endroit voulu deux heures plus tard ?... Ca sera moins fatiguant, plus rapide, moins bruyant, moins oppressant, plus facile,... "

Kunming (Chine) - Boten (Laos) : 17 heures dans un bus-cage, dit "couchettes", pour nos corps et âmes d'Européens, ça laisse du temps pour se poser des questions...


Et en traversant Le Laos en bus, nous avons eu la réponse. Chacun de son côté, sans se le dire.

Tout ça, pour ...

... voir des buffles allongés au milieu de la route, être charmé par le défilement des maisons sur pilotis, observer ces enfants s'amusant dans le fleuve et aussi s'interroger sur les vêtements aux couleurs vives (orange safran) sur la berge, savourer les odeurs des villages, être choqué à la vue d'un enfant portant des sacs deux ou trois fois plus lourds que lui, se souvenir que cela existe encore dans ce monde où tout nous semble aussi "facile qu'un vol intérieur...", dépasser des vélos ou motos chargés comme on ne pouvait l'imaginer, admirer les feux d'artifice de bambous, s'étonner de voir un bébé agrippé à l'aide d'un tissu au dos d'un petit frère de huit ans, accrocher un regard, échanger un sourire, l'eau gouttant des cheveux noirs, ...

A noter le message rassurant, à la caisse des billets de bus...

Certains en ont besoin plus que nous...







Soyez attentifs au passage animalier...




Le changement de pays s'est fait dans un village, Boten. Rien ne ressemble à une frontière: juste un bâtiment pour y faire tamponner nos passeports et y laisser pour nos visas 30 dollars... plus 1 dollar car c'est dimanche ( ???!!!!). Le bus-cage nous laisse un peu plus loin sur la route, d'où sont censés partir des tuk-tuk pour Luang Nam Tha. Une chaleur terrible nous plombe, en plus des gros sacs. Quelques "Lao" ( et non "Laotiens") dans cette bourgade-fantôme ne parlant que le lao nous observent et se demandent bien ce qu'on fait là. Nous aussi !
On aperçoit un tuk-tuk un peu plus loin. Notre sauveur... et arnaqueur numéro 1! Il sera aussi le dernier... Nous ne lui en voulons même pas; deux touristes paumés dans son village cherchant à rejoindre la grande ville à 50km de là, ça ne doit pas lui arriver tous les jours... et cette première rencontre avec les Lao qui au fur et à mesure du voyage montaient à bord a été intemporelle... et nous a dévoilé tout le charme de ce pays: simplicité, sérénité, virginité, sourire, discrétion...

Au cours de nos lectures, nous avons découvert un pays avec un passé très lourd. "Pendant des siècles, ce pays fut utilisé par ses voisins proches et par les grandes puissances comme un pion sur l'échiquier des ambitions géostratégiques régionales ou internationales". Entre autres, durant la guerre d'Indochine, afin de respecter les ordres qui consistaient à larguer toutes les bombes avant l'atterrissage, les B-52 américains vidaient leurs chargements sur les zones civiles de l'Est du Laos à leur retour des bombardements au Vietnam. Le Laos est le pays au monde à avoir reçu le plus grand nombre de bombes par habitant.
Malgré ce vécu, et probablement en raison de leur ferveur bouddhiste, les peuples Lao semblent avoir surmonté ce passé et offrent leur "zénitude" comme exemple.

Nous avons pu aussi observer un des traits culturels de ce peuple si loin de nous. Les Lao expriment souvent le sentiment que "trop travailler est mauvais pour la tête" et ils plaignent souvent les gens qui "pensent trop". Eviter le stress psychologique inutile correspond à une norme culturelle. Pour le Lao, si une activité - travail ou jeu - ne contient pas la moindre trace de muan (plaisir), elle doit en toute probabilité conduire au stress. Alors, à la banque, au marché, à l'office de tourisme, partout, tout se fait ... sans... aucun... stress... Voilà peut-être pourquoi cette sensation, que l'on appelle, "zénitude" est si remarquable... et si peu compréhensible pour nous, les Français ... Travailler plus pour quoi déjà ?...


Le tuk-tuk lao


Voyage sous une pluie rafraîchissante... dans un décor encore vierge.

Sabai-dii à toi, le Lao...



Dédicace retardée: Joyeux z'anniversaire, Maëli !